Éviter les coûts du réseau

Plus on développe le photovoltaïque, plus la puissance maximale qui peut être injectée dans le réseau électrique les jours de pointe à fort ensoleillement augmente. Le réseau électrique doit être développé pour faire face à ces nouveaux pics d’utilisation, ce qui nécessite un niveau d’investissement élevé. Ces coûts croissants sont compensés par la réduction de la puissance des installations photovoltaïques à 70%,  ce qui permet de raccorder davantage d’installations au réseau.

Le développement du photovoltaïque crée de nouvelles charges de pointe dans le réseau électrique

Avec la Stratégie énergétique 2050, la Confédération entend augmenter de manière décisive la part de l’électricité produite de manière décentralisée par des installations photovoltaïques, ce qui modifiera les exigences imposées au réseau électrique. Le passage de quelques grands producteurs d’énergie à de nombreux petits producteurs d’énergie décentralisés modifie de manière décisive les flux de courant du réseau. En quelques mois, chaque ménage privé peut installer une installation photovoltaïque sur son toit et produire sa propre électricité. Les jours de fort ensoleillement, les installations photovoltaïques produisent leur puissance d’électricité maximale et les clients injectent dans le réseau électrique ce dont ils n’ont pas besoin. Cela crée de nouvelles charges de pointe dans le réseau électrique et exige une extension, et donc des investissements élevés. En effet, le réseau électrique doit être conçu pour l’utilisation potentielle la plus intensive. Les coûts de cette extension sont facturés aux clients via les tarifs du réseau. Il est donc dans l’intérêt de tous de maintenir les coûts du réseau au niveau le plus bas possible.

Réduire les charges de pointe dans le réseau électrique en limitant la puissance des installations photovoltaïques

La question se pose de savoir si des mesures permettant de réduire les besoins d’investissement dans l’infrastructure réseau peuvent être prises sans affecter la sécurité de l’approvisionnement. Une approche déjà utilisée avec succès dans certains pays consiste à limiter les installations photovoltaïques à 70% de leur puissance maximale, ce qui permet de réduire la charge maximale du réseau de 30%. Mais à première vue, une telle limitation à 70% signifie aussi une perte de 30% de l’énergie susceptible d’être produite. Or, ce n’est pas le cas: une installation photovoltaïque ne délivre sa puissance maximale que quelques heures par an. Par conséquent, selon les calculs de BKW et diverses autres études, la réduction de la puissance des installations photovoltaïques à 70% n’entraînerait qu’une diminution d’environ 3% de l’énergie produite annuellement. Les coûts d’extension du réseau occasionnés sont donc disproportionnés par rapport à la quantité d’énergie produite par les pics. Du point de vue du contrôle des coûts de réseau pour les clients, une limitation de la puissance des installations photovoltaïques s’impose donc.

Une production plus élevée grâce à des installations photovoltaïques plus nombreuses

En outre, la limitation de la puissance injectée par les installations photovoltaïques signifie que l’on peut raccorder plus d’installations au réseau avec la même extension du réseau, ce qui permet d’obtenir un volume de production global plus élevé grâce au photovoltaïque. La limitation des installations photovoltaïques est donc judicieuse non seulement du point de vue de la réduction des coûts du réseau, mais aussi du point de vue de la politique énergétique pour l’ensemble du système.

BKW préconise clairement une limitation de la puissance des installations photovoltaïques à 70%. Cette mesure doit s’appliquer à toutes les installations du réseau dans toute la Suisse pour être pleinement efficace et garantir la non-discrimination.